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Pandémie : soutien d’ICRA chez les Karen

Alors que la Thaïlande est peu touchée par l’épidémie, les mesures de confinement ont mis l’économie du pays à genoux. 
De nombreux Karen ont perdu leur emploi et la famine menace les camps de réfugiés et les villages clandestins. 
ICRA soutient les plus démunis par des distributions de nourriture.  

La situation dans les camps de réfugiés
Les camps de réfugiés Karen en Thaïlande ont été complètement interdits d’accès. Il est quasiment impossible d’y entrer ou d’en sortir, afin de “protéger la population d’une épidémie possible”. Si cela avait été vrai au départ, ce n’était plus le cas après quelques mois sans transmission et l’ouverture de différents services et usines, ainsi que du trafic inter-provincial. Mais il est toujours très difficile d’entrer dans les camps. Après la diminution drastique des rations de nourriture opérée il y a quelques années, sortir clandestinement des camps pour aller travailler est une question de survie, mais cela n’est plus possible. Certains pensent que c’est exactement ce que veut  le gouvernement qui souhaite depuis longtemps se débarrasser de ces indésirables : incapables de faire face à ces mesures, les réfugiés seront forcés par la faim à choisir entre le retour en Birmanie ou la voie de l’illégalité en Thaïlande.

Les écoles pour migrants toujours fermées
En Thaïlande, les écoles ferment pour l’été au mois de mars, de sorte qu’elles étaient déjà fermées au début du confinement. Le 1er juillet, les écoles du pays ont reçu le feu vert pour ouvrir.
Pourtant, les “écoles pour migrants” sont restées fermées. C’est très injuste, car tous les enfants inscrits dans les écoles pour la nouvelle année scolaire étaient déjà en Thaïlande. Ceux qui étaient allés en Birmanie en mars après la fermeture estivale n’avaient pas pu revenir puisque la frontière était fermée. Mais les écoles pour migrants n’ont pas pu rouvrir et les professeurs ont été encouragés à aller dans les communautés locales et à y enseigner à de petits groupes. C’était un véritable défi, car beaucoup d’écoles couvrent un bassin très vaste. Le corps enseignant a été divisé en groupes et a dû préparer des photocopies sur chaque sujet pour chaque enfant. Ils vont dans les communautés quatre jours par semaine, avec deux jours de préparation. Ce n’est pas idéal mais mieux que rien pour les enfants. Les écoles qui, en septembre, répondront à toutes les exigences posées par les autorités sanitaires et scolaires pourront rouvrir en octobre. Toutes les écoles s’y préparent, espérant pourvoir rouvrir.

Soutien d’ICRA
De nombreux parents d’enfants étudiants dans les écoles soutenues notamment par ICRA travaillant sur les sites de construction et dans les usines autour de Mae Sot ont perdu leur emploi du jour au lendemain au moment où le gouvernement a imposé un confinement strict en avril dernier. C’est dur quand le salaire reçu couvre à peine les dépenses du mois. Aussitôt, avant que les prix n’augmentent, nous avons décidé d’acheter 100 sacs de riz de 40 kg chacun. Et une fois par mois, nous avons chargé la camionnette à deux ou trois reprises et sommes partis faire la tournée des familles que nous savions particulièrement dans le besoin. Pour ce faire, nous avons reçu l’aide d’ICRA International et du Rotary Club de Pattaya.

ICRA Suisse soutient depuis des années la fourniture de repas scolaires à l’école Nya Ly Ar Tha pour environ cent enfants de familles karens immigrées vivant et travaillant dans les champs le long de la frontière (du côté thaï). Nous avons reçu un soutien pour les petits déjeuners et les dîners de trente enfants environ qui vivent à côté de l’école parce que leur famille vit trop loin à l’intérieur de la Birmanie. Comme l’école n’a pas reçu l’autorisation de rouvrir et que les enfants vivant là ne peuvent pas traverser la frontière, ICRA Suisse a décidé d’utiliser l’argent pour fournir de la nourriture aux familles de ces enfants. Chaque mois, les familles reçoivent 40 kg de riz, 2 litres d’huile, 2 kg de haricots et 12 boîtes de poisson.

Le lycée de Taw Naw, situé juste de l’autre côté de la frontière en Birmanie, a pu rouvrir le 1er juillet. ICRA International a déjà aidé cette école par le passé sous forme de soutien apporté aux professeurs. ICRA Suisse aide de nouveau cette école depuis 2019-2020 à travers le paiement de salaires. L’école couvre les âges allant de la crèche au lycée, et compte cette année plus de 300 élèves.
La correspondante d’ICRA en Thaïlande