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Amazonie en feu : soutenez l'appel des Amérindiens à l'ONU

Depuis le début de l’été, la forêt amazonienne est ravagée par une vague d'incendies sans précédent, notamment provoquée par la politique du nouveau président brésilien tout acquis à la cause du lobby ruraliste et qui désire accroître encore la pression sur la forêt amazonienne et les territoires indigènes afin d’offrir de nouveaux espaces à l’exploitation minière et à l’agrobusiness, fer de lance de la croissance brésilienne.

La majeure partie des feux de forêt se sont produits dans la partie de la forêt située au Brésil (plus de 60 % de celle-ci se trouve à l'intérieur de son territoire), mais des pays voisins comme la Bolivie, le Pérou et le Paraguay ont également signalé de nombreux départs de feux. 
Les incendies ont suscité une importante réaction de la communauté scientifique et internationale en juillet et août 2019 à la suite des publications de l'Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais (INPE) faisant état d'au moins 75 336 feux décomptés en huit mois au Brésil, statistiques basées sur des observations satellitaires. De janvier au 23 août 2019, plus de 40 000 feux ont été décomptés dans la plus grande forêt tropicale au monde, considérée comme « essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique ».

Depuis le 20 août, de nombreux incendies sont en cours dans quatre états brésiliens : Amazonas, Rondonia, Mato Grosso et Pará. Amazonas, qui est le plus grand état du pays, et qui a la « plus grande étendue de forêt tropicale intacte » dans le monde, déclare l'état d'urgence le 11 août, suivi par l'État d'Acre, dans la Région Nord.

Les feux de forêt ont suscité des critiques vis-à-vis du gouvernement brésilien, en particulier des ONG environnementales et de la France, qui borde le Brésil en Guyane. Ces agences affirment que le système politique mis en place par le président brésilien nouvellement élu, Jair Bolsonaro, a affaibli la protection de la forêt tropicale. Le gouvernement estime que la déforestation est nécessaire pour reconstruire l'économie brésilienne, et que les données de l'INPE ont été falsifiées dans le cadre d'une campagne de désinformation menée contre lui. Au début du mois d'août, Bolsonaro a limogé le directeur de l'INPE après la diffusion de statistiques par l'agence montrant une augmentation significative de la déforestation au Brésil.

Les peuples indigènes d'Amazonie sont toujours plus menacés par les projets miniers, l’agriculture industrielle et ses monocultures de palmiers à huile ou de soja, les forages pétroliers, l’exploitation forestière illégale, les élevages intensifs ou les projets d’infrastructures. Ils sont également victimes de nombreuses violences.

Réunis au sein de la grande alliance COICA, ils ont lancé un appel à l'ONU et aux gouvernements des pays amazoniens car il sera un jour trop tard : « Nous vous écrivons car un quart de l’Amazonie, ce trésor global de biodiversité, a déjà été détruit. Si la déforestation ne cesse pas, nous parviendrons d'ici quelques années à un point de non retour avec l'effondrement de son écosystème. »

L’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil a rendu la situation des Indiens plus difficile que jamais. Les objectifs proclamés du nouveau président brésilien en matière environnementale et sociale sont on ne peut plus clairs : « Pas un centimètre de plus pour les Indiens » mais au contraire l’ouverture de larges zones de forêt amazonienne à l’exploitation minière et à l’agrobusiness.

Et les résultats ne se font pas attendre : la déforestation en juillet 2019 a été quasiment quatre fois supérieure au même mois il y a un an. 
Les Indiens d'Amazonie ont besoin du soutien de la communauté internationale pour stopper la destruction de leurs forêts et du plus grand écosystème de la planète. 

Vous pouvez les soutenir en signant leur appel sur le site de Sauvons la forêt.